Seffana de la nuit
By Pascal Abadie
Seffana a la peau blanche. Son teint diaphane étonne et intrigue, et il tend à donner envie de poser ses doigts, à la toucher. Elle aime ces frôlements et sa peau
frissonne de ces hardiesses. Son regard doux et malin nous invite à recommencer et nous nous laissons prendre. Son corps semble dire oui quand sa bouche dit encore. Ses lèvres sont rouges de son
désir et de notre sang, et sa langue s’enroule autour de notre volonté, tirant vers elle tout notre suc…
Seffana est modèle. Elle parcourt les océans, sur son fidèle voilier, le « Gothic » et a posé pour les plus grands peintres de ce monde. Les Rois se l’arrachent pour distraire leurs plus belles
soirées et elle a refusé les plus grands harems. Ses garde-robes se composent de bustiers, de guêtres, de bas et de foulards, et elle aime composer des univers particuliers, faits de tentures, de
fauteuils pourpres et de planchers craquants.
Son foulard à pois est attaché dans ses cheveux en arrosoir, et son sourire mutin engage à la conversation. Ses cuisses sont gainées de bas qui invitent à remonter plus haut, mais son cœur n’est
pas très loin. Il bat pour des causes perdues, des coups de cœurs, ses amis ou même pour des amants…
Seffana est pirate et vient d’arriver à l’île du Crâne. Elle a rendez-vous avec Jack Rackham…
- J’ai garé ma goëlette pas trop loin de la votre. Je ne vous ai pas rayé au moins ?
- Pas de souci, ma petite dame. Mon Poséïdon sait poser son assise et ses rames délimitent son territoire. Un peu de vin rouge, il est goûteux et met en bouche. C’est pour cela que je l’ai
choisi…
- Vous éveillez ma curiosité, Jack. Si le blanc de poulet est dans la lignée, je n’ose goûter aux raisins ou aux figues, je veux garder de l’appétit et du mystère…
Jack a envoyé Tim à l’institut Cartographe des Mers et Océans, histoire d’être un peu tranquille. Elle avait des vues sur le coursier de l’épicerie, mais la course étant trop rapide, il a changé
de destination pour prolonger la nuit avec Seffana.
- Vous aimez la nuit, demoiselle ? On ne vous voit jamais sur le pont avant la tombée du jour ?
- J’ai les rétines fragiles et les obligations nocturnes nombreuses. C’est bon de vivre en décalé. L’île du Crâne prête à la farniente…
- Justement, vous voulez bien que je vous fasse visiter mon bateau. Les pièces sont nombreuses et j’ai quelques belles cartes à vous montrer…
- Vous faites aussi les thèmes astraux, j’ai mon heure de naissance !
Un « oui » lassif et consenti sortit de la bouche de Jack. Il était conquis par la jeune femme. Il vit sa quadruple conjonction Uranus-Lune-Mars-Jupiter à l’Ascendant en Scorpion, et aussi sa
Vénus au Milieu-du-ciel. Son Soleil en Vierge ne l’offusqua point, sauf quand sa Lune Noire en Capricorne s’exprima au détour d’un couloir…
Le sabre du flibustier fut lippé par la gorge de la corsaire, le tout finissant en un enchevêtrement de membres et de fourreaux. Les deux s’entendant bien, ils croisèrent régulièrement les coquetèles dînatoires. Tim partit souvent à l’institut océanographe de la région, quand le second du Gothic vira sa cutie, et vint même rendre visite à Bosco. A qui une glace à cornet, à qui une barre de céréales au miel…
par Rackham Le Rouge
La femme de dentelles
By Didier Blanc
Elle avait la peau blanche, aussi blanche que cette feuille où je lui écris et où est apparu son regard en quelques traits. Je l’avais rencontré dans un de ces
hors-du-temps, fait de mystères qui hantent les boudoirs des élégantes. Tout chez elle n’était que dentelles, que raffinements, même les battements de son cœur que ces veines venaient troublés
dans les bleus. Les roses étaient passés comme un cabinet de lecture d’un salon 19ème. Les noirs étaient intenses et dessinaient merveilleusement son corps. Les rouges étaient si passionnels,
qu’elle semblait nous étouffer dans un baiser rouge à lèvres. Les bleus n’avaient d’yeux que pour elle, tremblant de la voir nous quitter. Ses talons claquaient sur le sol comme on claque des
doigts rien que du regard. Elle met ainsi le cœur des hommes en alerte, pour mieux s’emparer de la part la plus délicieusement vulnérable. La blancheur de sa peau n’avait qu’un seul secret, celui
des pages qu’il me fallait encore écrire sur elle, ces heures passées à raconter ses silences, à écouter son souffle lorsqu’elle se met à désirer. Rien que sa présence est un envoûtement, un sort
qu’elle vous jette afin que vous lui soyez infiniment dévoué, dévolu.
Croisez son regard, et vous éprouverez enfin ce que renferme pour elle un sentiment, une émotion, le geste pour elle anodin devient cet état de grâce. Elle entre en beauté, comme certaines au
couvent, c’est-à-dire dans le dénuement le plus merveilleux ; respirez et vous saurez quel parfum elle renferme en son écrin. Lorsque vient le soir et qu’elle se retrouve dans la solitude de son
intimité, à la lueur d’une bougie, elle s’enduit d’un nuage de poudre de lait pour conserver éternellement son tain diaphane.
Inspiré par Seffana lors de la séance photo ' le Château des confidences '
Par Didier Blanc
Le Désir d´outre Tombe
By Pascal Abadie
Au pays de l'etrange, les femmes sont belles et les hommes peu vivants, ça facilite les rapports ! l'amour n'a pas de limite, la mort n'est pas sa frontiere.
Hors du temps, dans le silence. Aimer sans visage mais recevoir en son ventre qui se rejouit.
Trahir la vie avec la mort et engendrer la passion macabre et morbide. S'allier et rejoindre ... les tenebres. Ou peut être est ce là, tout simplement, une promesse d'une nouvelle vie, bien meilleure qu'ici..
by Momo
By P.Abadie
Enigmatique Egérie des sujets de son Royaume lunaire,
Seffana macule l’extase charnelle des tourments de l’enfer.
L’amour, la luxure, la mort, par un impénétrable mystère,
Se mêlent dans un tourbillon de plaisirs et de calvaires.
Des passions, Elle pose en voluptueuse Impératrice.
Dans les sombres profondeurs de l’océan des délices,
Le téméraire voyageur elle mettra au supplice,
Car de l’inassouvi désir, jusqu’à la lie, il boira le calice.
Douce promesse d’exquises et jouissives souffrances,
Elle se dérobe au passant qu’Elle invitait à la danse.
Inaccessible au commun, dont Elle effleure la substance,
De l’ineffable tentation jamais il ne connaîtra la délivrance.
By Philippe.D
By P.Abadie
Encadré d'une chevelure couleur noir corbeau,
Ton visage a l'éclat d'un pâle matin d'hiver,
Tes lèvres purpurines, ton regard lascif et chaud,
Sont autant d'invitations aux délices de l'Enfer,
Parfois sous des voiles vaporeux se dessine,
Le galbe de ton corps frémissant de sensualité,
Telle l'astre de la nuit dans la brume qu'on devine,
Blême divinité aux yeux d'autrui tu apparais,
Lorsque tu révèles ton exquise nudité,
Des hommes le coeur est saisi d'un frisson,
C'est que recèle ton apparente fragilité,
Ce puits merveilleux source de toutes les passions.
By Phillipe D

